En ces temps de crise financière mondiale, on pourrait penser que les français seraient moins tentés de miser leur argent. Les chiffres prouvent le contraire. En effet, les habitants de l’hexagone sont toujours aussi friands de course hippique, de loterie, de jeu de grattage et de casino.
Des dépenses très importantes
En 2008, les français ont dépensé pas moins de 21 milliards d’euros dans des jeux d’argent de toutes sortes. En moyenne, ils ont utilisé pour jouer près de 2,4 millions d’euros par heure, l’année dernière. Ces sommes astronomiques sont partagées entre le PMU, qui obtient 9,26 milliards d’euros pour 2008, la Française des jeux, 9,2 milliards, et les casinos, 2,5 milliards.
L’analyse de Robert Rochefort
« En 2008, les Français ont maintenu le niveau de leurs dépenses de jeu, devenu un objet de consommation comme un autre » affirme Robert Rochefort, président du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc). Pour cet expert, le secteur n’est pas touché par la crise « car l’argent en tant qu’objet a de plus en plus d’importance dans la société ».
Les effets de la loi interdisant de fumer dans les lieux publics
Aux vues de ces résultats, on serait tenté d’affirmer que la loi anti-tabac n’aurait pas eu de répercutions sur l’industrie du jeu d’argent, ce qui n’est pas vrai. « L’interdiction de fumer a surtout pénalisé les jeux qui fonctionnent sur un mode très répétitif » affirme Jean-Pierre Vénisse, directeur du pôle universitaire d’addiction et de psychiatrie au CHU de nantes. Le médecin cite notamment la forte baisse du Rapido (-18,7%) ou des machines à sous (-8,4%). D’ailleurs, les casinos sont en crise, malgré les bons résultats d’ensemble du secteur du jeu d’argent.
jeudi 02 avril 2009